L’infrastructure commerciale au cœur de la stratégie industrielle du Canada, améliorant la productivité Canadienne

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L’infrastructure commerciale au cœur de la stratégie industrielle du Canada, améliorant la productivité Canadienne

L’infrastructure de la chaîne d’approvisionnement concurrentielle à l’échelle mondiale doit être la pierre angulaire de la stratégie industrielle globale du Canada, et des investissements importants doivent contribuer à l’amélioration indispensable de la productivité canadienne.

le 18 mars 2024

Par Daniel-Robert Gooch

À Ottawa, tous les regards sont tournés vers la prochaine étape politique et économique majeure : le dépôt du budget fédéral le 16 avril. Étant donné que la publication promise d’une stratégie nationale de la chaîne d’approvisionnement est toujours en attente, le budget fédéral pourrait donner un aperçu du rôle que le gouvernement envisage pour lui-même en matière d’investissement dans l’infrastructure, à la suite de son Fonds national des corridors commerciaux (FNCC) dont nous croyons est presque épuisé après huit ans de succès.

Il y a beaucoup d’enjeux dans les discussions internes en cours au Cabinet sur les priorités d’investissement dans le budget fédéral 2024 et dans les décennies à venir. Notre économie, la neuvième en importance au monde, dépend fortement du commerce international, les exportations et les importations de biens et de services représentant chacune environ un tiers de notre produit intérieur brut. [i]   Bien que le transport maritime ne facilite qu’une petite partie du commerce avec notre principal partenaire commercial, les États-Unis, les autres principaux partenaires commerciaux du Canada sont situés de l’autre côté des océans Atlantique et Pacifique.

L’infrastructure de la chaîne d’approvisionnement concurrentielle à l’échelle mondiale doit être la pierre angulaire de la stratégie industrielle globale du Canada, et des investissements importants doivent contribuer à l’amélioration indispensable de la productivité canadienne. En fait, la Chambre de commerce du Canada a déterminé que l’infrastructure propice au commerce est la catégorie d’infrastructure qui présente les plus grands avantages économiques à long terme pour le pays[ii]  et les défis en matière de transport, y compris les perturbations liées au climat, sont parmi plusieurs obstacles à notre productivité. [iii]

Pour assurer la compétitivité commerciale du Canada, il faut un environnement concurrentiel à l’échelle mondiale pour les investissements privés dans l’infrastructure et des délais d’approbation des projets gouvernementaux plus rapides, mais il y a aussi un rôle pour le financement gouvernemental. Si la pause actuelle dans les programmes fédéraux d’investissement dans les infrastructures était prolongée, cela pourrait être une préoccupation croissante, car les besoins d’investissement futurs restent énormes.

Depuis sa création, quelque 4,6 milliards de dollars ont été affectés au Fonds national des corridors commerciaux, qui sera investi dans l’infrastructure[iv]  favorisant le commerce.   Environ 1 milliard de dollars de cette somme a été versé aux administrations portuaires du Canada et à leurs partenaires de la chaîne d’approvisionnement, ce qui leur permet d’accroître leur capacité physique pour soutenir la croissance du commerce et d’investir dans des solutions numériques qui permettent une utilisation plus efficace de l’infrastructure physique, maintenir les infrastructures vieillissantes et s’adapter et relever les défis associés aux changements climatiques.

Comme aucun nouvel investissement n’a été fait dans le FNCC dans le budget fédéral de 2023, le secteur des transports s’attend beaucoup à avoir un aperçu de la vision du gouvernement fédéral quant à son rôle de financement au cours des prochaines années. Dans son rapport publié à l’automne 2022, le Groupe de travail national sur la chaîne d’approvisionnement du gouvernement fédéral estime que le Canada doit investir 110 milliards de dollars de plus dans les ports maritimes au cours des 50 prochaines années. Il s’agit d’un énorme montant de 4,4 billions de dollars en investissements, selon le groupe de travail, qui sont nécessaires dans le transport maritime, routier, ferroviaire et aérien pour faciliter la croissance économique. [1]

Outre les investissements visant à entretenir et à développer les infrastructures, et à en faire un usage plus efficace, des fonds importants sont nécessaires pour s’adapter aux effets du changement climatique et pour décarboniser le transport maritime.  Le budget fédéral de 2023 prévoyait 165,4 millions de dollars sur cinq ans pour le Programme des corridors de navigation écologiques, un aperçu bienvenu du genre d’initiative dont les administrations portuaires canadiennes ont besoin pour jouer un rôle important dans la décarbonisation du transport maritime. Mais cela ne représente qu’un acompte sur les investissements que les autorités portuaires et les partenaires de la chaîne d’approvisionnement doivent investir pour être pleinement engagés dans cet objectif louable.

Bien que le gouvernement fédéral ait un rôle de financement clair, il n’est pas le seul organisme de financement, et le gouvernement peut aider d’autres façons. Par exemple, le fait d’accorder une plus grande souplesse financière aux ports pour qu’ils puissent financer de grands projets au moyen d’immobilisations privées. Cela permettrait aux ports les fonds là où ils sont le plus nécessaires.  Le budget de 2023 reconnaît également que le gouvernement fédéral peut aider en accélérant les investissements, notamment en accélérant le processus fédéral de délivrance de permis pour les grands projets d’infrastructure. Les progrès à cet égard seraient une énorme avantage pour le commerce canadien.

En fin de compte, notre stratégie de chaîne d’approvisionnement – en fait, l’ensemble de notre stratégie industrielle – doit fournir des solutions à certains défis difficiles si nous voulons rester compétitifs dans le commerce mondial, contribuer à la lutte contre le changement climatique et s’attaquer aux vulnérabilités des infrastructures que les changements climatiques ont exposées. Les administrations portuaires du Canada et nos partenaires de la chaîne d’approvisionnement attendent avec impatience le budget fédéral 2024 et la très attendue Stratégie nationale de la chaîne d’approvisionnement pour mieux comprendre comment le gouvernement fédéral envisage de travailler avec l’industrie pour relever ces défis ensemble.

Daniel-Robert Gooch est president et directeur général de l’Association des administrations portuaires canadiennes, qui représente les 17 administrations portuaires canadiennes et les partenaires de l’industrie.

Les administrations portuaires canadiennes qui ont reçu des fonds du Fonds national des corridors commerciaux comprennent :
Port de Saguenay 33,2 M$ : 2023 Investissement fédéral en infrastructure du FNCC
Port de Montréal 150 M$ : 2023 NTCF Investissement fédéral en infrastructure
Port de Saint John 2,8 M$ : 2023 Investissement fédéral dans les infrastructures du FNCC

[1] Action. Collaboration.Transformation : Rapport final du Groupe de travail national sur la chaîne d’approvisionnement 2022. Page 8.
https://tc.canada.ca/sites/default/files/2022-10/supply-chain-task-force-report_2022.pdf

[i] Investopedia. The Economy of Canada: An Explainer
https://www.investopedia.com/articles/investing/042315/fundamentals-how-canada-makes-its-money.asp

[ii] Chambre de commerce du Canada : Défense des intérêts et enjeux stratégiques : Infrastructure
https://chamber.ca/fr/strategicissues/infrastructures/

[iii] Chambre de commerce du Canada : Questions de politique : le problème de productivité du Canada
https://chamber.ca/fr/enjeux-politiques-le-probleme-de-la-productivite-au-canada/

[iv] Fonds national des corridors commerciaux (FNCC) de Transports Canada : Séance d’information https://tc.canada.ca/en/corporate-services/transparency/briefing-documents-transport-canada/2023/current-topics/transport-canada-s-national-trade-corridors-fund-ntcf

 

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